L’enseignement agricole au Likès, de 1838 à 1957.

La situation scolaire dans les communes rurales de Cornouaille.

En 1837, les cultivateurs qui voulaient faire apprendre le français à leurs enfants devaient les envoyer à Quimper car il n’y avait pas d’école dans les communes rurales des environs de la ville préfecture. [1]

JPEG - 63.9 koQuimper au 19ème siècle. Illustration du 1er chapitre de l’Historique du Likès de 1938.

Quimper, par contre, possédait une école communale, située rue du Collège et qui accueillait, depuis 1824, un peu plus de 350 élèves. Ils étaient instruits gratuitement par des Frères des Écoles Chrétiennes, arrivés en 1829. Mais la ville de Quimper réservait cette école aux enfants de sa commune.

JPEG - 83.3 koL’école communale se situe à droite, dans la rue du lycée

Les enfant des communes rurales, dont les parents étaient assez aisés, devaient s’adresser à des instituteurs privés qui instruisaient entre 240 élèves en hiver et 150 en été.

Il y avait, à l’époque, à Quimper, une trentaine de maîtres dont huit avaient des brevets, les autres donnaient des leçons particulières chez eux. Les « likès », ces enfants de la campagnes, étaient contraints, eux, de se loger « dans de méchantes auberges ou chez de malheureux ouvriers. »

Le baron Boullé, préfet du Finistère voulait que les likès soient regroupés dans une véritable école où ils seraient instruits, mais aussi, et ce n’était pas une mince préoccupation, logés et nourris. « Ainsi se répandrait plus rapidement dans les campagnes la langue française dont l’ignorance y retarde tous les progrès » et on ferait face à l’impossibilité matérielle de beaucoup de communes d’avoir une école communale, pourtant obligatoire depuis la loi Guizot de 1833.

Naissance de l’école des « likès »

Sous son impulsion et avec le soutien de Mgr de Poulpiquet, évêque de Quimper et de Léon, l’école des likès est approuvée, le 28 novembre 1837, par M. De Salvandy, Ministre de l’Instruction Publique, en tant qu’« école primaire spéciale de la ville de Quimper, qui doit être affectée aux enfants des cultivateurs des communes rurales de l’arrondissement. »

Le règlement de l’école reprend l’obligation d’appliquer l’article 1 de la loi du 28 juin 1833 qui précise : « L’instruction primaire élémentaire comprend nécessairement l’instruction morale et religieuse, la lecture, l’écriture, les éléments de la langue française et du calcul, le système légal des poids et mesures. »

JPEG - 103.3 koIllustration du palmarès de 1857

Mais, comme il s’agit d’enfants d’agriculteurs qui reviendront travailler à la campagne, l’article 28 du règlement particulier de l’école indique que : « On donnera en outre aux Élèves des notions élémentaires d’agriculture et d’économie domestique. »

L’école des likès ouvre à la fin de l’année 1838. L’effectif s’accroît rapidement : 60 élèves à la rentrée de 1838, 150 en décembre 1939.

A la distribution des prix du 31 juillet 1841, les élèves font quelques démonstrations de leurs connaissances à leurs parents : « On les entend raisonner sur les différentes espèces de terrains, les amendements, les engrais, les assolements, et expliquer la composition et le mécanisme des principaux instruments aratoires. »

JPEG - 78.5 koPremiers organigrammes des études au Likès

A partir de 1843, l’enseignement agricole deviendra un enseignement à part entière pour les élèves des grandes classes. Une Chaire d’agriculture sera établie. Elle sera financée par l’État et le Département du Finistère.

La Chaire d’Agriculture Départementale au Likès de 1843 à 1886

La Chaire d’Agriculture likésienne de 1886 à 1906

L’enseignement agricole au Likès de 1919 à 1940

Dernière saison pour la formation agricole au Likès (1945-1957)

JPEG - 42.7 koillustration bucolique dans l’historique du Likès

Sources :

De nombreux documents racontent cette histoire agricole du Likès.

Il y a les publications internes de l’école : « l’historique de 1938 », « Un siècle de vie likésienne » de Frère Hervé Daniélou, les journaux , palmarès, prospectus …disponibles dans cette rubrique du site.

La Chaire départementale d’agriculture étant financée par le Conseil Général, les rapports de ses séances reprennent les lignes budgétaires et les commentaires des conseillers. Le site Gallica de La Bibliothèque Nationale de France permet d’accéder à une vingtaine d’années de ces publications.

La presse, qui se développe après 1870, présente aussi des comptes-rendus et des commentaires sur la politique scolaire et agricole du département et raconte les moments importants de la vie de l’école. Cette presse est accessible sur le site des archives départementales

Notes

[1une statistique établie par M. Ogès , dans le bulletin de la Société archéologique de 1934, signale que Penhars, Kerfeunteun, Ergué, Plonéis, Plomelin, Combrit, Guengat, Gourlizon, Bénodet, Pleuven, Saint-Evarzec, Elliant, Landrévarzec, Plogonnec, Plogastel-Saint-Germain, Pouldreuzic, etc... n’avaient pas d’école en 1833.

Publié le : lundi 10 juin 2013

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