La Chaire d’Agriculture Départementale, au Likès, de 1843 à 1886.

Fondation de la Chaire d’Agriculture.

En 1842, le Likès compte 160 pensionnaires, tous fils de cultivateurs et originaires de la Cornouaille. Les autorités civiles et religieuses souhaitent que ces enfants, qui vont prendre la succession de leurs parents, aient une véritable formation professionnelle pour faire prospérer l’économie du département.

JPEG - 97.7 koIllustration du palmarès 1857 pour la section Chaire d’Agriculture

Le préfet sollicite du Ministère de l’Agriculture et de celui de l’Instruction Publique, la création d’une Chaire d’Agriculture à la nouvelle école spéciale de Quimper. Les deux ministres approuvent le projet et sont disposés à lui apporter un financement.

Le Journal Général de l’Instruction Publique, n°47 du 14 juin 1843, raconte la cérémonie du 1er mai 1843 au cours de laquelle le Baron Boullé, préfet du Finistère installe, à l’école primaire spéciale, le nouveau professeur d’agriculture, M. Olivier (en réalité M. Olive).

« Le 1er mai, M. le baron Boullé, préfet du département, s’est rendu dans cet établissement, accompagné des membres du conseil de préfecture, du comité d’instruction primaire et de la société centrale d’agriculture, pour y installer le nouveau professeur nommé par le ministre, M. Olivier, ancien élève de l’école d’agriculture de Rennes et de l’institution royale de Grignon.

Dans un discours prononcé à cette occasion, M. le préfet a rappelé avec beaucoup d’intérêt l’origine de l’école de Quimper.

Placés isolément en chambres, dans diverses maisons qui, pour la plupart, n’offraient aucune garantie, et où l’on exigeait d’eux de grossiers et infimes services, beaucoup d’enfants des communes rurales envoyés au chef-lieu pour apprendre à parler français, et désignés sous le nom de likès qu’ils ont conservé, fréquentaient, à peine une heure ou deux par jour, quelque pauvre petite école privée, et passaient le reste du temps dans une dangereuse oisiveté ou à jouer dans les rues et sur les places publiques. »

Les cours d’agriculture peuvent commencer.

Intérêt de la Chaire d’Agriculture

Grâce à cette chaire d’agriculture, un véritable enseignement agricole est dispensé aux fils des cultivateurs et les nouvelles méthodes de culture et d’élevage vont pouvoir se propager. Rentrés dans leur foyer, les jeunes « likès » prendront progressivement la succession de leurs parents et seront capables de faire prospérer les exploitations agricoles.

On espère aussi que, plus tard, ils feront évoluer les mentalités en faveur de l’instruction primaire. La campagne en a bien besoin car selon l’Historique de 1938 : « Les cultivateurs, durs et patients au travail, résignés dans la souffrance, sont généralement aussi d’une ignorance profonde, d’une nonchalance d’esprit désespérante. »

Les villes s’agrandissent. La population de Quimper passe de 9.715 habitants, en 1836, à 10.943, dix ans plus tard. Avec le développement des activités économiques, des perspectives d’emplois intéressantes sont offertes à ceux qui ont de l’instruction. « En inspirant aux élèves le goût de l’agriculture, et de la vie des champs, l’école va contribuer à retenir dans les campagnes les jeunes gens instruits, trop souvent attirés par le mirage de la grande ville. »

Grâce à l’instruction qui leur est donnée, les likès vont pouvoir être des acteurs du changement dans la vie de leur commune. Frère Justinus, secrétaire général de l’Institut des Frères, déclarera devant la Commission parlementaire de l’Enseignement, le 28 mars 1899 : « Si l’on consulte aujourd’hui l’annuaire du département du Finistère pour l’année 1899, on relève les noms de 74 maires, 97 adjoints, 10 conseillers d’arrondissement et 2 conseillers généraux, anciens élèves de la section agricole du Likès. »

M. Clément Olive, titulaire de la Chaire d’Agriculture Départementale.

Le premier et l’unique titulaire de la Chaire d’Agriculture Départementale , au Likès, fut M. Clément Olive, ingénieur de l’école agronomique de Grignon où il avait été l’élève de MM. Bodin et Bella. Il va assurer cette fonction pendant 43 ans jusqu’à sa mort en 1886, à 67 ans !

JPEG - 61.5 koM. Clément Olive, professeur d’agriculture

Originaire de Vitré, il a 24 ans quand il arrive à l’école des likès. Il s’intègre très bien dans sa région d’adoption. Il se marie à une fille du pays, Anne-Marie Milin. En 1874, il devient même maire de Kerfeunteun, une commune dans laquelle il exploite la ferme de Kermahonnet sur laquelle il donne les leçons pratiques de la Chaire d’agriculture.

M. Olive est très connu dans sa commune. Il a instruit de nombreux cultivateurs. Les fermes de la région ont accueilli ses élèves lors des visites qu’ils font régulièrement dans le cadre de leur formation.

A sa mort, il sera enterré dans le cimetière de la commune, devenue, en 1960, quartier du Grand Quimper. Ses restes reposent près de ceux de sa femme et de leur fille Alexine.

Éloge de M. Clément Olive, professeur en 1871.

Au cours de la séance du 30 juin 1871, la Commission d’Agriculture du Conseil Général présente un rapport qui met en valeur le travail de M. Olive.

« Élève distingué de la ferme régionale de Grignon, M. Olive est un professeur instruit dont le zèle ne s’est jamais démenti, et qui, spontanément, a multiplié ses leçons théoriques et pratiques, à mesure que ses émoluments étaient élevés.

Il donne maintenant 4 leçons théoriques et 2 leçons pratiques par semaine. Depuis bientôt 30 années, il a consacré son existence à cet enseignement, et les lauréats des Concours, dont beaucoup sont ses élèves, attestent que ses leçons n’ont pas été infructueuses.

Dans la nécessité d’avoir une exploitation qui offrit un vaste champ d’expérimentation, il a dû louer une ferme à proximité de la ville et de l’école et à un prix beaucoup plus élevé que dans les conditions ordinaires : ce prix est de 2.400 francs. Sa famille est nombreuse et son fils aîné, incorporé dans les mobiles bretons, s’est distingué dans la dernière guerre [1].

La commission, faisant ressortir la haute utilité de l’instruction, les longs services et le dévouement du professeur, à l’unanimité, exprime le vœu que M. le Ministre veuille bien maintenir l’intégralité de l’allocation qui lui est accordée… »

Le Secrétaire de la Commission, V. ROUSSIN. [2].

Leçons pour les futurs instituteurs.

Le Conseil Général avait décidé, en 1873, de faire donner, toutes les semaines, aux élèves de l’École Normale, une leçon théorique d’une heure et une leçon pratique de deux heures, à Kermahonnet.

« M. Olive s’est conformé à la décision du Conseil, mais, dans son rapport, il émet l’avis que le nombre des leçons théoriques et pratiques soit doublé, et, en outre, qu’elles soient données pendant deux ans, afin que les élèves maîtres de l’école normale puissent acquérir une instruction agricole et horticole suffisante, assez solide et assez étendue, pour donner ensuite de bonnes notions à leurs élèves et des conseils à leurs parents.

Ces propositions, toutes spontanées de la part de M. Olive, honorent le professeur, et sont une nouvelle preuve de son zèle et de son dévouement. »

M. Clément Olive, maire de Kerfeunteun.

Le journal « Le Finistère » de tendance républicaine et anticléricale n’aimait pas Clément Olive. A l’époque, la presse locale affichait ouvertement ses préférences politiques et cherchait à influencer ses lecteurs.

En 1874, Clément Olive est élu maire de Kerfeunteun. Le journal quimpérois aurait préféré son concurrent, M. de Lécluse. Celui-ci, battu, avait déposé une protestation pour irrégularités. « Cinq griefs étaient intentés dans la protestation, au nombre desquels figurent ceux de substitutions de bulletins dans les mains des électeurs et de distribution de boissons. »

M. de Lécluse demandait qu’une enquête soit menée pour apprécier l’influence des faits reprochés. Sa requête ne fut pas retenue.

« M. le commissaire du gouvernement a combattu l’enquête et cela pour trois raisons :

- La première qu’il a donnée c’est qu’il faut éviter d’agiter les communes ;

- La seconde, avec laquelle il n’hésite pas à se mettre en contradiction en d’autres circonstances, c’est que la forte majorité obtenue par M Olive ne laisse pas voir qu’elle soit due à des manœuvres ;

- Quant à la troisième, elle a le mérite d’être exceptionnelle. Ordonner l’enquête, c’est donner une apparence de raison aux griefs qu’on articule, c’est dans l’esprit des électeurs, un blâme préventif adressé à celui dont le conduite est incriminée ; ce serait aussi, si elle amenait l’annulation des élections, paraître recommander, pour le jour où ces élections seraient recommencées, la liste des candidat ayant échoué une première fois.

La théorie, pour être nouvelle, n’en mérite pas moins d’être signalée à toute l’attention des hommes politiques. »

Aux élections de janvier 1881, la liste de Clément Olive est battue, à la plus grande joie du « Finistère », par une liste où figure Ernest de Lecluse : « C’est un acte de libéralisme et de clairvoyance dont il faut féliciter les électeurs de Kerfeunteun. »

« Le conseil municipal de Kerfeunteun est composé de cultivateurs très libéraux et très bien intentionnés, à qui l’on ne peut guère reprocher qu’un tort : c’est d’avoir mis la mairie dans les mains de M. Olive.

M. Olive, comme on sait, est un professeur d’agriculture qui reçoit un traitement du département et qui, malgré ses fonctions officielles, ou peut-être à cause d’elles, s’est montré l’un des agents les plus zélés du 21 mai [3] et du 16 mai [4]. »

Contrairement à la plupart des conseillers sortants, Clément Olive ne voulait pas d’Ernest de Lécluse dans une liste commune.

Il fit sa propre liste contre une autre où figuraient Ernest de Lécluse et la majorité des conseillers sortants.

« Cette dernière liste a triomphé le 9 Janvier contre la liste fabriquée et patronnée par M. Olive. Les électeurs ont fait plus. Ils ont infligé à ce maire singulier la leçon qui lui était due, en le reléguant au dernier rang de la liste, avec un nombre de voix très sensiblement inférieur à celui des autres conseillers sortants.

Cette petite histoire électorale, où M. Olive n’a pas eu le beau rôle, contient peut-être un enseignement pour lui et pour les autres tyranneaux de cette sorte : c’est que le temps est passé où l’on dirigeait les communes en faisant violence â leur volonté et en les aveuglant sur leurs intérêts. »

Clément Olive est mort, le 22 mai 1886 et n’aura pas vu Ernest de Lécluse accéder au poste de maire de Kerfeunteun de 1891 à 1899.

JPEG - 39.6 koAnnonce du décès de Clément Olive dans "Le Finistère"

Le règlement de la Chaire d’Agriculture.

L’enseignement agricole mis en place dans le cadre de la Chaire d’Agriculture est un enseignement complémentaire de l’enseignement général et incorporé dans l’emploi du temps de la semaine. L’historique de 1938 présente le règlement officiel.


« Leçons Théoriques.

Les leçons théoriques auront lieu les lundi et jeudi de chaque semaine, de 10 h 1/2 du matin à midi ; deux heures au moins seront accordées aux élèves pour l’étude et la rédaction de ces leçons.

Leçons Pratiques.

Les leçons pratiques auront lieu à la ferme pendant toute l’année, le mardi de chaque semaine ; de plus, quand les travaux de l’exploitation seront utiles à l’enseignement, M. le Directeur des Likès, fera sur la demande de M. le Professeur d’agriculture, conduire tous les élèves de bonne volonté qui suivent le cours, à la ferme.

En outre, les jeudis et dimanches, à l’époque des grands travaux, lorsque le temps le permettra, M. le Directeur de l’école, sera prié de vouloir bien faire conduire tous les élèves à la ferme, où suivant les besoins de l’instruction, ils seront appelés à prendre part active aux différentes opérations.

Des conférences pratiques, où les explications nécessaires à la connaissance complète de l’assolement et des diverses opérations culturales, seront faites sur les lieux. Enfin tous les jeunes gens suivant le cours d’agriculture, au nombre de deux, seront successivement chargés de l’inspection et de la surveillance des différents services ci-après :
1 Inspections générales des cultures
2 Prairies naturelles et irrigations
3 Prairies artificielles ;
4 Céréales d’hiver et de printemps
5 Plantes sarclées ;
6 Racines et fourrages en magasin
7 Fumiers et engrais divers
8 Vacherie ;
9 Chevaux et Porcherie
10 Instruments aratoires
11 Comptabilité ;
12 Jardins et verger…

Les élèves chargés de ces services, devront s’enquérir de tous les renseignements, relatifs à leur spécialité, et faire des rapports écrits. Ces rapports seront après avoir été lus et discutés devant leurs condisciples, insérés sur des cahiers destinés à cet effet : ces cahiers resteront à l’école et pourront être consultés.

Encouragements.

De grandes croix avec les attributs de l’agriculture, des prix, consistant en traités d’agriculture, seront distribués aux élèves les plus méritants.
Fait à Quimper le 26 mars 1847.
 »

Signé : OLIVE et FRÈRE CHARLEMAGNE [5].
Approuvé en Préfecture, à Quimper, le 30 mars 1847, par le préfet du Finistère.
Signé : Baron G. BOULLÉ.

Pour copie conforme,
Le conseiller de préfecture,
A. BERNOUS.

JPEG - 113 koEn 1875, le 1er prix d’excellence est attribué à Jean Hénaff, futur fondateur de l’entreprise qui porte son nom.

La ferme d’application.

Le Ministre de l’Agriculture avait fait remarquer que l’enseignement agricole ne porterait « tous ses fruits » que s’il bénéficiait, soit d’un terrain d’expériences, soit plutôt d’« une petite ferme de la contenance moyenne de celles du pays. » Le professeur pourrait ainsi donner un enseignement à la fois théorique et pratique.

Le Conseil général, voyant les avantages que cette chaire d’agriculture pouvait apporter au département, vote donc un crédit pour la location d’une ferme et l’achat de l’outillage jugé nécessaire.

La ferme des Salles avant la ferme de Kermahonnet.

L’historique indique que c’est la métairie de Kermahonnet, en Kerfeunteun, libre de bail, qui est louée, au nom du Directeur des likès, pour une somme annuelle de 900 fr.

« D’une contenance de 20 hectares, un peu au-dessus de la moyenne du pays, cette ferme avait l’avantage de se trouver à proximité de la ville et d’être contiguë à la lande de Cuzon où l’on pouvait entreprendre des défrichements. L’exploitation va être dirigée par le professeur d’agriculture, M. Olive, intéressé pour moitié dans les profits. »

En réalité, si on se fie au compte-rendu officiel du Conseil Général du Finistère, la ferme de Kermahonnet n’a été utilisée qu’à partir de la Saint-Michel (date traditionnelle d’expiration des baux ruraux) de 1862.

La ferme utilisée auparavant, appelée ferme des Salles, devait se trouver dans la vallée du Steir (le quartier des Salles est face à celui du Moulin Vert) à l’ouest de l’ancien collège des jésuites qui abrita le Likès jusqu’en 1864.

Le compte-rendu des séances du Conseil Général de 1861 indique :

« Comme la Commission de surveillance, le Conseil Général a, depuis longtemps, reconnu l’insuffisance de la Ferme des Salles et les inconvénients réels qu’elle offre pour l’instruction des élèves.

M. Olive a donc dû s’occuper de trouver une autre exploitation, mieux appropriée à sa destination ; et il a loué, avec l’approbation de l’Administration, pour 15 années, à raison de 2,400 fr., la ferme de "Kermahonnec" qui réunit toutes les conditions désirables et sera bientôt libre. »

Visite à Kermahonnet.

En 1872, comme tous les ans, la Commission départementale se rend à Kermahonnet , pour examiner, par elle-même, la situation de la ferme, l’outillage et les cultures. Elle présente un rapport dont voici un extrait :

« La Commission a trouvé l’aspect général de la ferme excellent. Le bétail nombreux est en bon état, de race pure de Cornouaille, et nous pûmes voir qu’une intelligente sélection avait présidé à la composition du troupeau.

Un autre compte-rendu donne des informations plus précises sur la taille du troupeau. Le troupeau est constitué de 27 vaches laitières et génisses, type breton, 2 taureaux bretons et un torillon, croisé Breton - Durham, qui "donne de belles espérances". Les rendements en lait et en beurre sont excellents tant en quantité qu’en qualité

La porcherie a reçu de bonnes installations ; les animaux sont beaux et de bonne race Berkshire croisé craonnais.

L’outillage, rangé à l’abri, est en bon état.

Les cultures sont belles ; tous les semis sont faits en ligne. Les plantes fourragères et les racines : choux, betteraves, rutabagas et choux-navets sont très beaux et couvrent une vaste étendue. Une pièce de terre, récemment défrichée, donne une bonne récolte de froment ensemencé avec trèfle.

Un chef jardinier expérimenté, sortant des écoles de Trécesson et de Saint-Ilan a été recruté.

Une sensible amélioration est aussi reconnue dans les jardins de la ferme. Les arbres fruitiers sont mieux conduits ; une pépinière d’arbres fruitiers, pommiers et poiriers, procurera sous peu de temps les moyens d’apprendre aux jeunes gens les divers modes de greffe.

La Commission n’a pu que regretter l’absence complète ou le très mauvais état des murs des jardins, ce qui prive la ferme du meilleur moyen d’indiquer aux enfants l’art de la taille des fruitiers.

Il en est de même des étables : elles sont insuffisantes et en mauvais état. De meilleurs bâtiments de service permettraient à M. Olive de mieux utiliser les engrais, notamment les purins qui, bien que n’étant pas entièrement perdus maintenant, pourraient alors recevoir un usage plus complet.

On ne peut que désirer beaucoup que le propriétaire de Kermahonnec veuille bien opérer ces urgentes réparations.

En ce qui concerne le laps de temps de deux heures, passé par les enfants à la ferme d’application, trois fois par semaine, pour recevoir les leçons du professeur, la Commission, partageant l’avis de la Commission de surveillance, est d’avis que ce temps soit porté de deux heures à trois heures… »

Le financement public de la Chaire d’Agriculture.

Le financement de la Chaire d’Agriculture est assez moderne. La collectivité territoriale paye les moyens du service et l’État rémunère le professeur.

La Chaire d’enseignement : ligne - encouragement à l’agriculture

Le Conseil Général vote chaque année, une subvention de 2,300 francs affectée en grande partie au financement du loyer de la ferme :
« 1,800 fr. sont alloués au professeur, à titre de subvention. Le surplus est employé pour l’achat et l’entretien d’instruments aratoires, l’acquisition ou la reliure d’ouvrages, la distribution de prix aux élèves les plus méritants, les frais d’excursions agricoles. Ce sont là des dépenses que la Commission considère, avec raison, comme nécessaires à la prospérité et au développement du cours d’agriculture. »

L’indemnité de 600 fr : ligne - secours et encouragement aux instituteurs.

Une autre ligne du budget départemental est consacrée à la formation agricole au Likès. 600 francs sont attribués à un Frère qui assiste M. Olive. Il est employé à faire corriger les devoirs, les rédactions, à surveiller la tenue des cahiers, à expliquer ce qui n’a pas été bien compris et faciliter ainsi aux élèves le moyen de suivre plus fructueusement les leçons du Professeur. Il faut ensuite conduire ces jeunes gens à la ferme d’application, y rester avec eux et les ramener à l’Établissement...

Cette dépense figurant au budget de l’enseignement primaire va bientôt être remise en cause par certains conseillers généraux, alors que de son côté, le Frère Dagobert, second Frère-Directeur du pensionnat, va demander qu’elle soit augmentée compte tenu de la progression des effectifs.

Les traitements payés par l’État.

Enfin, l’État assure le traitement de M. Olive. Cette rémunération, qui était de 1,500 francs en 1843, va à nouveau augmenter en 1864.

Dans le rapport de 1864, on apprend que : «  M. le Ministre de l’Agriculture et du Commerce a bien voulu élever de 1,500 à 2,400 fr. le traitement de M. le professeur Olive ; de l’autre, Son Excellence lui a adjoint un chef de pratique et un chef jardinier pour le seconder dans son cours, au traitement de 1,000 f. chacun. Nous ne saurions nous montrer trop reconnaissants à M. le Ministre d’une si bienveillante décision. »

Bilan provisoire de l’action de la Chaire d’Agriculture en 1866.

La Chaire d’Agriculture, qui a plus de 20 ans d’existence, satisfait pleinement le Conseil Général :

« L’enseignement agricole des likès, qui s’adresse aux fils de cultivateurs aisés, continue à exercer la plus heureuse influence au point de vue de la propagation des nouvelles méthodes. Un grand nombre d’anciens élèves de cette école font aujourd’hui partie des Conseils Municipaux, plusieurs sont Maires, et presque tous contribuent par l’exemple de leurs cultures et de leurs travaux, à imprimer, autour d’eux, un puissant essor aux améliorations agricoles.

Les 1,800 élèves [6]environ, qui depuis la fondation de la Chaire d’Agriculture, ont suivi les cours de M. Olive, sont tous rentrés dans leurs foyers où ils s’honorent de continuer en l’améliorant, l’utile et noble profession de leurs pères. Tous les soins des professeurs de l’École tendent à inspirer à leurs élèves le goût de l’Agriculture et de la vie des champs.

Aussi cette utile institution n’aurait eu d’autres résultat jusqu’à ce jour que de retenir au sein des campagnes de jeunes cultivateurs intelligents et éclairés qu’elle mériterait encore tous vos encouragements.

Je n’hésite donc pas, Messieurs, à vous proposer de renouveler, pour 1867, l’allocation de l’exercice courant de 2,300 00 fr. »

Quel avenir pour la Chaire d’Agriculture ?

Le 22 décembre 1847, le département du Finistère s’était doté d’une ferme-école départementale, instituée par arrêté ministériel. Elle avait été établie, d’abord à Trévarez, puis à Kerwazec en Saint Goazec. D’autres établissements s’installeront à Lézardeau, près de Quimperlé, ou à Kerliver en Hanvec.

Entre la ferme-école de Kerwazec et la Chaire d’Agriculture du Likès des tensions vont apparaître à la fin des années 1860. Quelques membres du Conseil Général du Finistère vont contester l’enseignement de M. Olive et solliciteront même le soutien du ministre de l’Agriculture. Ils auraient voulu que l’enseignement agricole donné au Likès se limitât à une préparation des élèves à l’entrée dans les fermes écoles.

Une formation agricole supérieure au Likès ?

En 1868, la Commission de surveillance, s’interroge sur un allongement de la durée et sur le contenu de la formation agricole au Likès.
« Pour que ces études portassent tous leurs fruits, pour que le bienfait des connaissances acquises ne fût pas compromis, il serait à désirer que les meilleurs élèves pussent obtenir le complément d’éducation que plusieurs vont chercher dans les écoles spéciales d’agriculture, sans que ce complément d’instruction nécessitât pour eux un déplacement pénible ou onéreux.

La Commission pense que ce but serait atteint si quelques bourses pouvaient être accordées, soit par l’État, soit par le Conseil général, ou mieux encore par le concours simultané de l’un et de l’autre. Le Directeur de l’école des likès et le Professeur d’Agriculture s’accordent pour en faire la demande. Le prix de pension n’excèderait pas 400 fr. »

Les finances du département n’étant déjà (!) pas illimitées, et les défenseurs de la ferme-école s’inquiétant de voir la concurrence s’accroître, le Préfet émet un rapport négatif et la Commission ajourne son projet.

Le Likès, école préparatoire à la Ferme-école ?

Le Ministre de l’Agriculture, lui-même, intervient dans la querelle entre les deux institutions et écrit au Préfet.

« Monsieur le Préfet,

Sur les informations transmises par M. Zélinski, Inspecteur Général de l’Agriculture, j’ai eu l’honneur, le 13 juillet 1869, de signaler à votre attention les tendances fâcheuses manifestées par M. Olive, professeur d’Agriculture à l’école des likès, pour élever son enseignement au-dessus des conditions dans lesquelles il doit se renfermer.

D’un autre côté, il était réprouvé à M. Olive de montrer, à l’égard de l’institution des Fermes-Écoles, un certain esprit de critique, de nature à éloigner de ces écoles, ceux de ses élèves qui auraient pu avoir l’intention d’y compléter leur instruction.
Je ne sais si M. Olive a fait personnellement son profit des observations que mon administration lui a adressées directement sur ce point. Quoiqu’il en soit, je viens de recevoir une communication d’après laquelle les chefs de l’école des likès feraient preuve du plus mauvais vouloir contre la ferme-école du département. Dans un but de convoitise qui leur inspirerait le désir de voir tomber la ferme-école, par suite de manque d’apprentis, ils influenceraient leur élèves au point de les dissuader d’y entrer. Le fait est affirmé.

Cette sorte de rivalité hostile est très regrettable. Elle ne s’explique pas contre un établissement destiné à servir les intérêts des populations rurales du département et dont les élèves de l’école des likès devraient être appelés les premiers à utiliser les bienfaits. Il importe que le professeur d’agriculture de cette école renonce à son projet de transformation pour sa ferme d’application. Elle doit rester ce qu’elle est, le champ d’exercice de ses démonstrations pratiques...

je vous serai obligé, M. le Préfet, de vouloir bien faire part de ces nouvelles observations à M. Olive, et l’inviter à tenir le plus grand compte de l’avertissement qu’elles contiennent.

Recevez, etc...

Le Ministre de l’Agriculture : A. LEROUX. »

La Commission de l’agriculture va appuyer cette démarche du Ministre.

« Le devoir du professeur et des dignes Frères qui dirigent avec tant de zèle et d’intelligence l’école dite des likès, est de préparer des élèves pour la ferme-école, et d’employer, autant qu’il dépend d’eux, leurs efforts et leur légitime influence sur les parents, à diriger les bons sujets vers cet établissement.

La chaire d’enseignement doit se borner à donner une instruction primaire aux élèves : elle doit aider à la prospérité et au recrutement de l’institution fondée à Kerwazec. C’est là ce qui a motivé les augmentations de traitement que M. Olive a obtenues sur le budget de !‘État et celui du département. C’est par le même motif qu’une allocation de 600 fr. a été accordée au Frère qui accompagne les jeunes élèves chez M. Olive. Voilà ce que M. le professeur et les Frères ne doivent pas perdre de vue. »

La Commission de l’Agriculture propose donc au Conseil Général d’engager M. Olive à diriger le plus possible ses élèves vers la ferme école.

La guerre franco-allemande de 1870 va bientôt occasionner des préoccupations plus graves et faire oublier pour un temps ces querelles.

La Chaire d’Agriculture ne fait plus l’unanimité.

En 1870, le Likès est, en grande partie, occupé par les recrues en instance d’affectation. 1,800 hommes environ seront hébergés dans les locaux d’une école qui fonctionne au ralenti, avec à peine 400 élèves (il y en avait près de 600 en 1867 et il y en aura 620 en 1872).

La défaite est rapide et cinglante. La vie normale peut reprendre et les problèmes de la Chaire d’Agriculture revenir dans l’actualité.

Dans les rapports des séances du Conseil Général qui étaient jusqu’alors très élogieux, on voit apparaître quelques critiques. Dans sa grande majorité, le Conseil reconnait cependant la grande qualité de l’instruction assurée par Clément Olive :

« Les progrès de l’agriculture dans le département sont incontestables et l’on est fondé à dire que le cours qui depuis bientôt trente années, répand les bienfaits de l’enseignement parmi tant de jeunes agriculteurs, peut s’attribuer une bonne part du progrès.. »

Remise en cause du travail du jardinier.

La Commission d’enquête s’inquiète aussi de savoir si ces deux assistants, le chef de pratique et le chef jardinier, payés 1,000 francs chacun, offrent toutes les garanties de savoir et de capacités nécessaires à l’enseignement qu’ils sont appelés à diriger.

Le rapport de M. Guillard [7] publié en 1871, au nom de la commission de l’agriculture, ne s’avère pas aussi favorable qu’auparavant.

« Messieurs je regrette d’avoir à vous le dire, cette visite à la ferme d”expérimentation n’a pas complètement répondu à notre attente et l’impression que nous en avons éprouvée n’a peut-être pas été aussi favorable que nous l’ eussions désiré.

Il nous a semblé par exemple, que pour une ferme d”expérimentation, où devrait toujours régner l’ordre le plus parfait, l’oeil n‘était pas suffisamment satisfait, et nous avons pensé, en outre, qu’un chef jardinier, aux appointements de 1,000 fr. , devait être capable de diriger ses arbres avec un peu plus d’intelligence que ne le sont ceux, que nous avons visités. »

Certains conseillers généraux comme M. Arnoult [8] essaient de défendre le jardinier en attribuant les difficultés en partie aux installations existantes :

« Les murs n’ont pas de treillage, les arbres souffrent, le sol n’a pas été défoncé convenablement, la terre ameublie. On ne peut donc rendre le chef jardinier complètement responsable des lacunes qui existent dans l’enseignement. »

Finalement, le procès-verbal de la commission d’inspection et de surveillance de la Chaire d’Agriculture et de la ferme d’expérimentation dressé le 30 juin 1871 reste quand même très flatteur pour M. Olive. Il lui reste à d’introduire dans son établissement les améliorations préconisées par le Conseil Général qui vote les subventions. Nous avons vu que des améliorations ont été apportées, en 1872, par le jardinier.

Remise en cause de la rémunération du Frère répétiteur.

Le budget du département accordait chaque année une somme de 600 francs au Frère chargé de seconder M. Olive. Cette subvention figure dans le budget spécial de l’enseignement primaire. Or, après 1870, apparaissent de fortes tensions entre l’enseignement laïc et l’enseignement congréganiste.

En 1871, M. Swiney [9] s’étonne qu’on accorde 600 francs à une école libre et prospère.

« Y a-t-il un intérêt départemental dans l’école « Olive » ? Pourtant elle reçoit une subvention départementale. Il y a dans nos villes des écoles utiles qui ne reçoivent aucune subvention. »

Le Conseil Général pour éviter toute polémique décide d’enlever les 600 francs du budget spécial de l’enseignement primaire pour les ajouter à la subvention de 2,300 francs accordée à la chaire d’agriculture qui s’élèvera donc dorénavant à 2,900 francs.

« La subvention n’est pas un encouragement à l’école des Likès mais un encouragement au cours de M. Olive. »

La Loi du 16 juin 1879 sur l’enseignement agricole.

En 1879, une loi va chercher à développer l’enseignement départemental et communal de l’agriculture en le confiant à des professeurs, nommés sur concours, qui seront chargés de leçons à l’école normale.

On observera que le département du Finistère avait, depuis longtemps, mis en place cette formation et avait été un précurseur et un modèle.

Voici les principaux articles :

« Art. 1. Dans le délai de six ans, à partir de la promulgation de la présente loi, il sera établi une chaire d’agriculture, d’après les règles ci-après, dans les départements non dotés déjà de cette institution…

Art. 2. Les professeurs départementaux d’agriculture seront choisis au concours…

Art. 6. Les professeurs d’agriculture seront chargés de leçons à l’école normale primaire, près de laquelle ils devront, autant que possible, avoir leur résidence ; aux autres établissements d’instruction publique, s’il y a lieu, et de conférences agricoles, dans les différentes communes du département, aux instituteurs et agriculteurs de la région…

Art. 9. Les professeurs d’agriculture actuellement en service, qu’ils aient ou non été nommés à la suite d’un concours, ne seront pas soumis aux épreuves d’un nouveau concours.

Fait à Paris, le 16 juin 1879.

JULES GREVY.
Par le Président de la République :
Le Ministre de l’Agriculture et du Commerce,
P. TIRARD.
 »

Les conditions de nomination et les attributions des professeurs départementaux d’agriculture ont été fixées de la manière suivante par le décret du 9 juin 1880.

« Les attributions du professeur départemental d’agriculture comprennent :
1° L’enseignement agricole à l’école normale primaire et, s’il y a lieu, dans les autres établissements d’instruction publique ;
2° Les conférences agricoles dans les campagnes ;
3° Les travaux ou missions dont il peut être chargé par le préfet du département, ou par le ministre de l’agriculture.

Le programme du cours fait à l’école normale primaire est arrêté par le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, le Conseil supérieur de l’instruction publique entendu, après avis du ministre de l’agriculture.

Ce cours est suivi par les élèves de 2e et de 3e année ; il est fait à raison de deux leçons par semaine, complétées par un exercice pratique ou une excursion agricole.

Les conférences agricoles dans les campagnes sont faites suivant un programme arrêté chaque année par le ministre de l’agriculture.
Elles sont au nombre de vingt-six au moins par an.
 »

La fin de la Chaire d’Agriculture Départementale au Likès.

En 1880, le vent tourne nettement en faveur des laïcisations. La Chaire départementale est appelée à disparaître du Likès. Mais tant que son professeur rempli les conditions pour exercer, il est difficile de l’exclure. D’autant qu’il donne des cours à l’école normale.

Dans un rapport présenté en août 1880, M. Kervasdoué [10] rappelle que :

« La chaire d’Agriculture actuelle, Messieurs, existe dans le Finistère depuis 1843. Elle a été créée l’une des premières de France, grâce à l’initiative et aux subventions du Conseil général.

Depuis cette époque, son organisation ne s’est pas sensiblement modifiée, et par suite, elle ne se trouve plus en rapport avec les exigences de la loi nouvelle réglementant les institutions de cette nature. »

On s’inquiète aussi de la capacité de Clément Olive à remplir ses fonctions. Il a plus de 65 ans en 1885 quand M. Arnoult s’interroge dans son rapport au Conseil Général :

« La Commission de contrôle s’est demandée si le titulaire de la Chaire d’Agriculture pourrait faire
- dans les différents cantons de son ressort les 26 ou 30 leçons au moins prescrites par la circulaire de M. le Ministre de l’Agriculture et du Commerce, en date du 15 janvier 1881.
- Les 45 leçons commandées dans les écoles Normales par la circulaire de M. le Ministre de l’instruction Publique, en date du 18 juin 1883 ;
- les 40 leçons actuellement données au Collège ;
- les démonstrations hebdomadaires sur la ferme d’application ;
- les excursions dans les fermes les mieux tenues ;
- les missions diverses réclamées du professeur en dehors de ces cours et de ces travaux ;
- plus encore 120 ou 136 leçons professées à l’école du Likès.

Cette tâche, il lui sera matériellement impossible de l’accomplir.

L’exécution de la loi du 16 juin, sur l’enseignement départemental et communal, entraînera donc des retranchements notables dans la série des leçons actuellement données et dont l’énumération précède.

Ces retranchements ne peuvent porter sur le Collège.

Votre Commission d’Agriculture vient d’exprimer le vœu que son enseignement agricole soit étendu. Ils ne peuvent toucher à l’enseignement de l’école normale, attendu que la loi précitée a pour objet même la création de cet enseignement.

L’école du Likès qui reçoit 120 leçons dans les classes et 40 leçons de pratique sur la ferme de Kermahonnet, c’est-à-dire qui absorbe plus de la moitié du temps des professeurs, offre seule les conditions qui permettent les retranchements obligés.

Ces retranchements, notre Commission les réclame dès la prochaine année scolaire… »

Le crédit de 2.900 francs, est voté… une dernière fois.

Mort de Clément Olive.

En mai 1886 survient la mort de Clément Olive. La Chaire d’Agriculture départementale au Likès ne lui survivra pas.

« Depuis le décès du titulaire, ni les élèves de l’école Normale, ni ceux du Collège n’ont reçu l’enseignement agricole, son fils n’ayant pas été autorisé à continuer l’enseignement dans ces deux établissements. La Commission exprime le vœu que la Chaire Départementale d’Agriculture du Finistère soit désormais pourvue de son titulaire nommé, comme le veut la loi du 16 juin 1879, après concours et dans un bref délai.

Elle vous signale, Monsieur le Préfet, ce fait anormal que l’enseignement subventionné par l’état et le Département a profité jusqu’à ce jour plutôt aux élèves d’un Établissement libre qu’à ceux du Département lui-même et de la ville de Quimper

La réorganisation qui s’impose actuellement pour ce service va nous permettre de donner à l’enseignement agricole départemental son caractère et son but, suivant les dispositions de la loi. Les Élèves-maîtres de l’école Normale et ceux qui, au Lycée [11] qui va s’ouvrir, voudront s’inscrire pour cet enseignement vont trouver enfin les leçons que l’état leur destine.

je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’assurance de mes sentiments de respectueux dévouement.

Méheust, membre de la Commission d’Inspection et de Surveillance de la Chaire d’Agriculture »

La Chaire d’Agriculture, dans l’enseignement public.

A partir de la rentrée 1886, la Chaire d’Agriculture Départementale ne va plus concerner que l’enseignement public.

Conformément à l’article 2 de loi du 16 juin 1879 relative à l’enseignement départemental et communal de l’agriculture, les professeurs départementaux d’agriculture sont choisis sur concours.

Le concours pour l’emploi de professeur départemental d’agriculture du Finistère est fixé au 14 octobre 1886. Les épreuves durent 2 jours.

« L’Union Agricole » raconte dans son numéro du 17 octobre les conditions lesquelles il se réalise :

« La Commission d’examen était composée de MM. Boitel, inspecteur général, président ; Baron, professeur de zootechnie à l’école d’Alfort ; Zolla professeur d’économie rurale à l’école de Grandjouan ; Seguin, professeur de chimie agricole à la même école ; Méheust expert et conseiller municipal à Quimper ; Baron, directeur de l’école du Lézardeau ; Caurant, membre du Conseil général, remplaçant à ce titre M. Arnoult, indisposé.

Deux candidats seulement s’étaient présenté. Malgré les connaissances pratiques dont ils ont fait preuve en agriculture, la Commission n’a pas cru pouvoir les déclarer admissibles, en raison de l’insuffisance de l’examen sur certaines parties spéciales, telles que la micrographie et la chimie agricole.

En conséquence, le département du Finistère reste provisoirement sans professeur départemental d’agriculture. Il n’en sera nommé un qu’à la suite des concours prochains qui auront lieu dans d’autres départements de la région. »

Les autres départements bretons organisent leurs concours quelques jours plus tard et trouvent les professeurs souhaités : Côtes-du-Nord, M. Vallet (Institut agronomique) ; Ille-et-Vilaine, M. Hérissant, directeur de la ferme école des Trois-Croix ; Morbihan, M. Chevalier, vétérinaire militaire.

Parmi les candidats d’Ille-et-Vilaine, le ministre de l’Agriculture nomme, par arrêté du 13 novembre, M. Alexandre (Jules Paul), titulaire de la Chaire d’Agriculture du Finistère.

« Le Finistère », du 18 décembre, nous informe sur ce nouveau professeur :

« M. Alexandre était préparateur à la station agronomique de Rennes ; il a obtenu son nouveau poste à la suite du dernier concours qui a eu lieu dans le département d’Ille-et-Vilaine.

Le traitement de M. Alexandre, fixé à 3,000 francs par an et soumis aux retenues prescrites par la loi sur les pensions civiles, sera payé moitié sur les fonds du ministère de l’Agriculture, moitié sur ceux du budget de l’Instruction publique.

M. Alexandre recevra, en outre, sur les fonds départementaux, l’indemnité spéciale pour frais de tournées. »

« L’Union Agricole » du 11 février 1887 informe ses lecteurs du début de l’enseignement du nouveau professeur :

« M. Alexandre, professeur départemental d’agriculture commencera le jeudi 17 courant, et continuera tous les jeudis de chaque semaine, le cours d’agriculture que M. le ministre de l’instruction publique l’a chargé de faire aux élèves de l’enseignement spécial (École Normale) et aux élèves des classes supérieures de l’enseignement classique du lycée de Quimper.

M. Alexandre s’attachera surtout dans son programme à étudier la composition des terrains du Finistère, les productions qui conviennent le mieux à la nature de chaque sol, les meilleures méthodes d’irrigation des prairies.

Il analysera en présence des élèves et leur fera analyser les amendements et les engrais naturels ou artificiels, qui donnent le meilleur rendement ; enfin il leur enseignera quels sont les débouchés les plus rapides et les plus avantageux pour les éleveurs et les cultivateurs. »

À suivre La Chaire d’Agriculture likésienne de 1886 à 1906

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Notes

[1celle contre la Prusse, en 1870

[2conseiller général du canton de Fouesnant, propriétaire à Plomelin

[31 mai 1871 - massacre des insurgés parisiens par les versaillais

[416 mai 1877 - début du ministère dit "de l’ordre moral" d’Albert de Broglie

[5Premier Frère Directeur de l’école des likès

[6A partir de 1857, en 1ère classe (fin de scolarité), les élèves auront le choix entre la formation agricole et un enseignement spécial qui va préparer les élèves aux concours administratifs et aux arts et métiers. Cette année 1857, la Chaire d’agriculture accueille 81 élèves sur un effectif total de 433.

[7maire de Ploudalmézeau, conseiller général de Ploudalmézeau

[8président du Comice agricole agricole de Pont-l’Abbé, conseiller général de Pont-l’Abbé, député

[9maire de Plouégat-Guérand, conseiller général de Morlaix, député du Finistère

[10maire de Loc-Maria-Plouzané, Conseiller Général de Saint-Renan

[11Le collège de Quimper a été transformé en lycée en 1886

Publié le : lundi 10 juin 2013

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