La Chaire d’Agriculture Likésienne de 1886 à 1906

Le changement dans la continuité.

Quelques mois après le décès de Clément Olive, en Octobre 1886, le Conseil de Maison du Likès prend la décision, de maintenir les cours d’agriculture qu’il assurait depuis 1843. Il les confie à Raoul Olive, le fils du professeur décédé.

Pour que l’enseignement continue comme auparavant, l’école prend en charge les honoraires du professeur Raoul Olive. Elle doit aussi payer la location de la ferme de Kermahonnet. Mais plus pour longtemps ! Elle va bientôt investir dans une ferme qu’elle installe sur le site du Likès.

L’École voit, chaque année, sa dépense augmenter de quelques milliers de francs mais elle obtient son indépendance et surtout la liberté de ses programmes.

Une Commission libre va remplacer la Commission officielle pour décerner les diplômes et récompenses qui couronnent les efforts des élèves.

Le Likès sollicite le soutien de la Société des Agriculteurs de France qui va patronner l’école jusqu’à sa fermeture en 1906 et même au-delà quand les Frères vont devoir émigrer à Guernesey.

La formation agricole au Likès.

La privatisation de la Chaire d’Agriculture va permettre de faire évoluer l’organisation des études agricoles dans une école dont la raison d’être, depuis l’origine en 1838, est de répondre aux besoins de la population et de l’économie régionale.

Les organigrammes présentés dans l’historique montrent l’orientation des études vers une spécialisation de plus en plus poussée pour les grands élèves des trois dernières années. Les trois branches : agricoles, industrielles et commerciales deviennent de plus en plus autonomes pour répondre aux besoins d’une économie qui, sous l’effet de la croissance, se diversifie.

JPEG - 76.5 koÉvolution de l’organigramme des études au Likès de 1887 à 1898

Les programmes des classes agricoles

En première année, qui devient cours élémentaire en 1889, les élèves acquièrent les notions générales :
- Étude des terres arables.
- Préparation du sol.
- Instruments aratoires.

En deuxième année qui devient cours moyen :
- Engrais commerciaux, minéraux et chimiques.
- Matériel des écuries, porcheries, laiterie et basses-cours.

En troisième année qui devient cours supérieur, les élèves se forment pour l’exploitation du sol.
- Culture des céréales.
- Assolements.
- Drainage.
- Irrigations.
- Production des plantes.
- Zootechnie.
- Arboriculture.
- Horticulture.

La Commission

Les palmarès donnent les listes des élèves les plus méritants de l’école et les prix qu’ils ont obtenus. A partir de 1888, ils vont présenter également le rapport que la Commission d’examen adresse après les épreuves à la Société des Agriculteurs de France.

La première Commission libre était composée de MM. Roussin, député, Président (empêché) ; Billioray, ancien Président du Comice Agricole de Carhaix ; de l’Ecluse de Longraye, maire de Pluguffan ; Rodallec, ancien conseiller général, Président du Comice agricole de Bannalec ; Danion, maire de Kerfeunteun ; Le Roux, maire d’Ergué-Gabéric ; De Cambourg, propriétaire (empêché) ; le Comte de St-Luc, député (empêché) ; Olive, Professeur d’Agriculture.

JPEG - 63.9 koEn-tête de la rubrique consacrée à la section agricole dans le palmarès 1888-1889

Les rapports de la Commission sont également présentés, à partir de 1899, dans le bulletin de l’association des anciens élèves, créée en 1889.

JPEG - 48.8 koEn-tête du Rapport Annuel de la Commission d’Agriculture

La commission, dans une première partie théorique, interroge les élèves des différents années sur le programme, consulte les composition écrites et les rapports des visites effectuées dans quelques fermes environnantes.

Dans un deuxième partie pratique, elle visite les installations de Kermahonnet, tant qu’elle sera utilisée, puis de la ferme du Likès quand elle sera opérationnelle et évaluent le travail des élèves.

Les diplômes.

Pour décrocher le diplôme de fin d’études qu’est le brevet agricole, il faut avoir obtenu au moins les 4/5 du maximum de points qui est de 410, soit 328 points.

Tout le monde ne réussit pas à décrocher ce diplôme.

Pour la première fois, en 1902, 12 élèves sur 16 ont obtenu les 4/5 des points. Dans ces douze lauréats, 8 ont obtenu le brevet d’instituteur. Ce qui fait dire à la Commission :

« Si quelques esprits mal disposés voulaient douter de la valeur du brevet agricole que l’on pourrait à la rigueur croire bénévolement donné par des amis trop généreux, tous sans exception s’inclineront devant l’estampille officielle du brevet d’instituteur, qu’on ne saurait les accuser d’avoir acquis par faveur spéciale. »

Utilité de la formation agricole du Likès.

Le Likès gardera, pendant quelques années, une certaine amertume d’avoir été dépossédé de la Chaire d’Agriculture Départementale. La Commission ne peut s’empêcher, en 1888, de s’interroger :

« Dans le département du Finistère si étendu, à culture si diverses, dans la prospérité duquel l’Agriculture occupe une si large place, l’enseignement agricole doit être mis en première ligne.

Or, où est-il donné ? dans quelles conditions est-il donné ?
- A l’École Normale où il ne peut nécessairement être que purement théorique, et n’occuper qu’une place secondaire ;
- A l’école du Lézardeau appelée, il faut le reconnaître bien haut, à rendre de grands services. Toutefois, c’est déjà une école spéciale destinée à former des hommes spéciaux.

Mais l’enseignement agricole populaire, pratique, théorique, à la portée de tous, représenté autrefois par les fermes-écoles, où le trouver, si ce n’est aux Likès.  »

Les installations.

Dans le rapport de la Commission pour l’année 1888-1889, la visite à Kermahonnet est encore signalée. Nous n’avons pas trouvé, sur cette ferme, d’informations à une époque plus récente. Il est certain que la location coûtant cher à l’école, elle devait envisager une autre solution lui donnant plus d’indépendance, comme l’installation d’une ferme sur la propriété après la fin du bail de Kermahonnet.

Dans l’Historique, le lecteur peut admirer une vue dessinée du site du Likès en 1891. On remarque une ferme en haut de la propriété. Sur la gauche de la vue, du côté de la vallée du Steir, on distingue un troupeau de bovins. Bien qu’un train, venant de Pont-L’Abbé, semble devoir entrer sous le tunnel, il ne semble pas disposer à aller le regarder passer !

JPEG - 99.9 koVue du Pensionnat des Frères des Écoles Chrétiennes en 1891 (source : Historique de 1938)

Les archives de l’école nous donnent quelques informations sur cette ferme et ses dépendances.

L’achat de la prairie.

Frère Hervé Daniélou, dans « Un siècle de vie likésienne », nous dit qu’une praire a été achetée à cette époque pour répondre aux besoins d’un troupeau appartenant à la ferme.

« Vers 1890, après la construction de la ferme (près de l’emplacement de l’actuelle salle de sport), le besoin de pacages pour le bétail s’impose. Une prairie attenante à la propriété du Likès (à l’ouest) est achetée par une tontine [1], formée des Frères Namasius, Visiteur, Constantien-Joseph, directeur du noviciat, Donat-Louis, directeur du scolasticat ; cette prairie, d’une surface de 11.365 m2, est acquise pour 14.000 francs.

La tontine en question en fait apport, quelque temps plus tard, à la "Société l’Avenir" (de Paris) qui, en 1904-1905, la vend à M. Raoul Olive, professeur d’agriculture au Likès ; elle échappe ainsi à la spoliation de 1906 [2].

M. Olive loue cette prairie aux Frères du District mais il décède en 1920 et l’une de ses filles, héritière de ce bien, le met en vente ; celle-ci doit devenir effective à l’expiration du bail en janvier 1922.

Grâce au Frère Carolius (en l’absence du Frère Paul, Visiteur, retenu à Guernesey, la prairie est achetée par la "Société Le Likès", pour 20.000 f. »

JPEG - 52.2 koPlan de la propriété du Likès, en 1891, avec hypothèse d’utilisation des terrains agricoles.

Visite à la ferme du Likès, en 1902.

Le bulletin des anciens, de 1902, présente le rapport de la commission d’agriculture dans lequel on peut lire :

« Il nous a été donné de pouvoir visiter la ferme de l’Établissement. Là nous avons trouvé des améliorations sensibles. D’abord, l’installation parfaite de l’étable avec couloir au milieu, mangeoires cimentées, d’un nettoyage facile ; le purin s’écoule dans une fosse où il y a une pompe qui permet de l’épandre sur le tas de fumier et dans les champs avoisinants.

Le poulailler, où les Faverolles se prélassent, est parfaitement compris, avec pondoirs, perchoirs, cour. Dans un second compartiment, on voit les cases à élevage, car outre les poules couveuses, on emploie les couveuses artificielles pour faire éclore un certain nombre d’œufs. Les poules sont marquées d’anneaux de différentes couleurs pour reconnaître leur âge.

Les lapins domestiques sont également parfaitement bien logés et entretenus.

Les ruches d’abeilles ont été augmentées ; il y a aussi une ruche d’observation.

Dans une autre partie, nous avons été heureux de trouver la nouvelle installation d’une écrémeuse « Mélotte », d’un malaxeur et d’une baratte, de sorte que les élèves ont toute faculté d’observer de visu les avantages de ces machines, qui devraient être dans toute exploitation agricole. Il n’y a rien de tel que l’exemple pour montrer les avantages ou les défauts d’une industrie quelconque. »

Les enseignants

La responsabilité de la section agricole du Likès, après la mort de Clément Olive, échoit naturellement à son fils Raoul. Ce n’est pas qu’il s’agisse là d’une charge héréditaire, mais, il enseigne depuis deux ans déjà comme professeur adjoint à l’école.

La Commission Départementale en avait fait un portrait élogieux avant août 1886 :
« M. Raoul Olive possède une instruction solide ; une aptitude parfaite d’enseignement et une préparation utile au professorat, puisée dans la connaissance de la langue bretonne et dans une éducation formée au milieu de l’école même depuis le décès de son père. »

La Commission espérait même qu’il se présente au Concours pour la Chaire Départementale. Il n’en sera rien, Raoul Olive restera fidèle au Likès.

Raoul Olive est secondé par des Frères. L’un d’entre eux sera même nommé sous-directeur du pensionnat en 1899. Il s’agit de Frère Duvian-Joseph. Pour son discours d’intronisation, le chroniqueur du bulletin des anciens raconte :

« Il était juste qu’il s’adressât d’abord à ses élèves de l’agriculture ; mais comme il l’a justement observé : pour l’écoulement et la juste répartition des produits agricoles, il faut le commerce ; donc, aux commerçants ! pour l’utilisation de toutes les ressources il faut des moyens multiples, donc à l’industrie !

Puis, ne voulant pas faire de jaloux, n’écoutant d’ailleurs que ses sympathies intimes, et usant de transitions fort bien amenées, il a terminé son toast en s’adressant à la Marine et à l’Armée. Elles étaient bien représentées à la réunion ; aussi jugez si l’on a applaudi. »

Le Cours d’agriculture expatrié à Guernesey après 1906.

Chassés de l’enseignement en France, les Frères des Écoles Chrétiennes, qui voulaient poursuivre la mission qu’ils avaient choisie en entrant dans une congrégation enseignante, durent s’exiler.

Le Noviciat avait été transféré à Vimiera, sur l’île de Guernesey, après 1904, car l’avenir "professionnel" des Frères n’était plus assuré en France. Beaucoup de novices quittèrent la Bretagne pour l’île anglo-normande.

Les Frères pensèrent que les élèves qui, jusqu’en 1906, venaient au Likès pour bénéficier d’une formation agricole que plus de 60 ans d’expérience avait bonifiée et fait apprécier des familles, pouvaient aussi faire le déplacement et venir au pensionnat établi sur une île proche de la Bretagne.

Ils ouvrirent donc une école aux « Vauxbelets » et le firent savoir en diffusant régulièrement une publicité dans « Le Progrès du Finistère »

JPEG - 68.8 koPublicité parue régulièrement dans « Le Progrès du Finistère »

L’école d’Agriculture des Vauxbelets, à Guernesey.

Pour faire connaître la nouvelle école, un article paru, en éditorial, à la une du « Progrès du Finistère » du 14 Août 1909.

JPEG - 56.2 koÉditoral du Progrès du Finistère le 14 Août 1909.

En voici un extrait :

« Là, dans un de ces vallonnements pittoresques de l’île, à l’abri des plus beaux ormes qui se puissent imaginer, l’industrieuse activité des Frères des Écoles Chrétiennes est venue reconstruire la ruche laborieuse dont les essaims - par un sectarisme aveugle - furent chassée de France.

C’est dans ces îles qui sont à l’Angleterre - mais dont les habitant, ont des visages normands et des noms de chez nous - c’est dans ces îles qu’il faudra chercher désormais les bonnes méthodes de travail jointes à la bonne éducation, la science du progrès, et la science de vivre honnêtement dont l’harmonie, on peut le dire, constitue ici bas le bonheur.

Au milieu des pâturages et des terres chaudes, dans un parc élégant et soigné, s’élève le charmant cottage qui est l’École des Frères.

Et pouvait-on mieux choisir pour fonder une exploitation modèle que ces herbages où des types sélectionnés de la vache bretonne - dite « Froment du Léon » - donnent fréquemment vingt litres de lait par jour, et par semaine, 12 livres d’un beurre d’or ; que ces rivages heureux où la pureté de la race du bétail, sauvegardée par le Herd-book de Guernesey, permet aux propriétaires de refuser aux Américains 26.000 fr. d’une seule vache (La France n° 8).

Pouvait-on mieux choisir que ce pays de culture intensive où tel industrieux charpentier, dont nous avons eu le plaisir de serrer la main, retire 14.000 fr. net de six serres qu’il a construites.

Dans cet heureux pays, quiconque est travailleur devient riche, et la moindre ferme est une élégante villa.

Il pourrait en être de même sur nos côtes bretonnes, si nos amis cultivateurs le voulaient bien ; et ne leur est-il pas facile, maintenant qu’ils ont de ce côté des compatriotes et des coreligionnaires, de faire la courte traversée, et d’y venir prendre les bonnes méthodes culturales.

Ils y verraient, par la même occasion, un pays où l’on ne connait pas la politique ; où chacun, s’occupant exclusivement de ses affaires, les fait bien ; un pays où les voleurs et les apaches n’existent pas ; et où un petit bâton de 0 m. 20, surmonté d’une couronne, suffit pour rétablir l’ordre.

Il est vrai que, par là, on a de la pitié pour les victimes plutôt qui pour les assassins, et que les voleurs sont raclés à la première tentative, de telle façon qu’ils ne recommencent plus.

Point de fonctionnaires inutiles, pas d’impôts accablants ; tout contribue à aider le travailleur.

C’est au milieu de ces magnifiques exemples d’efforts humains couronnés par la nature, que grandit chaque année l’École d’Agriculture des Vauxbelets. »

Un examen d’Agriculture à l’école des « Vauxbelets », en 1910.

Pour montrer l’intérêt de la formation agricole assurée par les Frères des Écoles Chrétiennes, « Le progrès du Finistère » reprend le texte d’une revue anglaise d’Août 1910, qui raconte un examen d’agriculture à l’école des « Vauxbelets ». On y retrouve les conditions d’examen de la Chaire d’Agriculture du Likès.

La Société des Agriculteurs de France avait délégué quatre examinateurs auxquels s’étaient joints quelques notables de l’île.

« Un fait qui m’a frappé profondément, continue le rapporteur, c’est la compétence et l’habileté avec lesquelles les agriculteurs pratiquants venus de France, ont examiné par eux mêmes les étudiants sur les questions de mathématiques avancées : géométrie, algèbre, logarithmes, trigonométrie, arpentage, dessin appliqué ; sur la botanique la zoologie, la zootechnie, la physiologie, la pathologie, et autres questions semblables et scolastiques sujets.

Cela prouve que ces cultivateurs français ont reçu eux-mêmes un enseignement complet analogue à celui que l’on donne aux « Vauxbelets ». Combien il serait désirable que beaucoup d’enfants de nos propriétaires agriculteurs suivent ces cours au lieu de perdre leur temps à des études de grec et de latin qui ne leur serviront jamais.

Douze élèves se présentèrent pour l’examen, au lieu de trois seulement qui avaient achevé leur cours complet l’an dernier. L’intérêt principal, après la soutenance de thèse, fut concentré sur les analyses chimiques, quantitatives et qualitatives, du lait, des engrais chimiques et du sol, faite par les élèves devant les examinateurs.

Les examens se terminèrent par la visite des diverses portions de terre, cultivées, ensemencées et soignées dans les champs par chaque élève ; puis par celle des bâtiments de la ferme, où les délégués français purent admirer les splendides et sanitaires arrangements opérés dans la laiterie, les étables, et les pièces où se trouve l’ensemble des instruments qui servent à préparer la nourriture des animaux. »

Une vache vendue 82.000 Francs.

Le bulletin des anciens revient, en 1926, sur la ferme école des « Vauxbelets » et sur la descendance de Flora, une vache vedette des années 1910 [3].

JPEG - 88.4 koLa vache de Guernesey vendue 425 livres (82.000 fr. de 1926)

« Un groupe de Frères des Écoles chrétiennes, fuyant la persécution combiste en 1904, quitta Quimper pour se rendre à Vimiera, en Guernesey ; ils y cultivèrent une propriété et y firent de l’élevage pour l’entretien de leur personnel et le soutien de leurs noviciats.

Leur étable fut vite appréciée dans les grands concours que les Anglais savent si bien organiser. Une de leurs vaches, Flora, surtout, obtint de nombreux prix, ses produits étaient enlevés à des prix élevés jusqu’à ce qu’elle-même fit la fortune d’un Américain qui l’avait bien payée.

C’est une descendante de cette Flora qui vient d’être primée au concours de la Pentecôte. Elle a été vendue ensuite au prix de 425 livres, ce qui, au cours du change, faisait plus de 82.000 francs français.

Avis à nos amis agriculteurs. »

A suivre La formation agricole au Likès de 1919 à 1940

Retour sur la période 1843-1886

Retour sur l’introduction à l’histoire de l’agriculture au Likès

Notes

[1La tontine est un contrat par lequel plusieurs personnes achètent un même bien étant entendu que ce bien reviendra en pleine propriété au dernier des survivants

[2La propriété du Pensionnat, appartenant à la Congrégation des Frères des Écoles Chrétiennes qui l’avait constituée, a été prise par l’État et mise en vente aux enchères publiques. Elle sera rachetée par M. Eugène Bolloré, président de Association des Anciens Élèves

[3une sorte de star avec un regard bovin, ce qui, de nos jours, n’est plus un phénomène exceptionnel !

Publié le : jeudi 13 juin 2013

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